Le livre de Y'OUT


ÉMERGENCE

Carnet de pèlerinage d'une conscience



ÉMERGENCE CHAPITRE I-5

Et le chœur donna de la voix :

  • Vous l'avez retrouvée ? Super. Il est temps de nous rassembler, de comprendre ce qui s'est passé. Par quoi allons nous commencer, afin de comprendre ce qui est arrivé ? Pouvons nous survivre, nous adapter aux bouleversements climatiques, géologiques en une génération ? Survivre ou disparaître.

Trop d'éléments soudains avaient surgi dans la communauté, bouleversant les croyances de chacun de ses membres. L'environnement changeait rapidement et il semblait manifeste que tous ne vivaient pas à la même enseigne.

Quelle était la solution des oui-oui-nous-nous ? Comment imaginer que l'on puisse être et ne pas être là tout à la fois ?


« Va, pensée, sur tes ailes dorées ;

Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,

Où embaument, tièdes et tendres,

Les douces brises du sol natal ! »*


En la circonstance, il semblerait que ce ne soit pas uniquement la pensée qui puisse se laisser porter au gré du vent au delà de sol natal, mais quoi d'autre 


« O déesses fortunées !

Nos fragiles destinées

Dans vos mains sont enchaînées...

...C'est l'amour qui nous rassemble

Et nous ouvre d'autres cieux!

Nous aurons, ô ma maîtresse,

Pour témoins de notre ivresse

La nature enchanteresse

Et les astres radieux...

...Dans tes regards quelle ivresse nouvelle!

Quelle noble fierté sur ton front étincelle!

Combien serait heureux

Le destin d'une femme,

Dont l'aspect dans tes yeux

Saurait faire briller tant de joie et de flamme ».**


C'est-y pas beau, le pèlerinage d'une conscience ?

Mais revenons à nos moutons.


Il fallut plusieurs jours afin que tout un chacun comprenne ce que vivaient les

oui-oui-nous-nous et plus encore ce que vivait de manière naturelle la petitoune.

Un fait est un fait. Il n'y a rien d'autre à comprendre, rien d'autre à savoir. Il est possible à certains membres de la communauté de vivre des "trucs" bizarroïdes. Point barre !

Pour communiquer, des gestes, des sons modulés, des odeurs, point...final. Avec ça débrouille toi nénesse.

Et la petitoune des oui-oui-truc dans tout cela pourquoi a-t-elle couiné lors du dernier rassemblement ?

Isn'it a good question ? Yes it is.

A la question elle aurait répondu :

  • All works and no play makes jack a dull boy

Que l'on pourrait traduire par :

  • A force de travailler les enfants s'abrutissent

MDR


Plus sérieusement.

Lors du dernier rassemblement, elle s'ennuyait ferme, c'est alors qu'elle décida de s'envoyer promener, de sortir de son corps quoi, et d'aller se balader deci delà.

C'est alors qu'elle vit, oh ! chose étrange, les animaux se carapater, tous les animaux direction sud dit-elle.

Un grondement, forcément sourd, puis d'un coup la terre qui se soulève et... la petitoune reprend son souffle, de la fumée jaillissant des entrailles de la terre et enfin une énorme gerbe de « je ne sais pas quoi » mais rouge.

Dare-dare, morte de trouille elle revint ici présentement.

La mère à l'écoute de sa fille comprit l'urgence de la situation et se carapata entraînant avec elle tous les oui-oui-nous-nous.

La suite vous la connaissez.


Cela semblait assez étrange à la majorité du groupe. Pourquoi certains pouvaient vivre sur des plans différents ? Mais encore une fois, la chose fut prise comme un fait.

La question n'a jamais été de savoir pourquoi eux et pas nous.

Il y a comme cela des évidences, certains sont plus grands, d'autres au contraire sont plus petits, des costauds et des gringalets and so on et bien il y avait des membres qui pouvaient vivre sur des plans différents.


En l'occurrence et n'ayant pas vraiment de temps à perdre en polémique, la seule question qui importait à la communauté était de savoir ce que cela pouvait apporter au groupe.

Seule la question de la survie de la communauté était importante. Pour cela il fallait améliorer le gîte et couvert. Donc ces facultés supplémentaires permettraient-t-elles d'améliorer la survie.

Après réflexion, il sembla que le plus urgent dans un premier temps était d'aller en observation afin de voir ce qui se tramait là-bas, au bout de la terre.

Aller au confins de la terre, observer, mettre en pratique les dires des oui-oui-nous-nous, conclure.


La petitoune et sa mère se portèrent volontaires.On attendit leur retour.

Étrange spectacle que la vision de ces deux membres de la communauté qui étaient là parmi nous alors qu'on les savait ailleurs.

Il ne se passa pas beaucoup de temps avant que la mère ouvrit les yeux suivie peu après par sa fille.

Qu'avaient-elles vu ? Tous étaient impatients de le savoir.


*Verdi, Nabucco : CHŒUR DES ESCLAVES

** Verdi Aida


Métamorphose

 Il était une fois un petit poisson accroché à un hameçon. Seul son corps pouvait remuer au bout de la ligne. « Est-ce cela que l'on appelle la vie ? » Pensait-il. C'est l'histoire d'un petit poisson triste dans une eau sans lumière.


Un jour l'hameçon disparut. Il n'avait rien fait pour cela. C'était ainsi, voilà tout. « Où aller ? » Se demanda-t-il. « Il n'y a rien autour de moi qui semble vivant » C'est l'histoire d'un petit poisson qui nage dans une eau sans vie. Un jour croisant sa route il aperçut un rayon de lumière. Il n'avait rien fait pour cela .


C'était ainsi, voilà tout. « Je vais suivre ce rayon de lumière » se dit-il C'est l'histoire d'un petit poisson qui nage vers la lumière. « Sauter hors de l'eau pour suivre ce rayon de soleil est-ce seulement possible ? » Un jour il eut beaucoup de courage, il dut faire preuve de beaucoup de force mais il sauta hors de l'eau.


Il avait tout fait pour que cela arrive, voilà tout. « est-ce possible qu'il-y-ait un monde aussi beau, la vie est-elle là ? » C'est l'histoire d'un petit poisson qui vole dans la lumière. Un jour il décida de ne plus retomber dans les eaux grises et sans vie. Cela ne s'est pas fait comme ça. Il se devait de le faire, voilà tout.


Aujourd'hui le petit poisson est devenu un oiseau paré de jolies couleurs. De découverte en découverte il vole émerveillé par la vie.

Un jour il se demande « puis-je faire UN avec la Lumière ? » Ce jour là arrive. Cela doit se faire, voilà tout